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Accueil du site > Review > XXY (26 mai 2007)
Review
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XXY de Lucía Puenzo

Argentine  

XXY. A la fois un nom de code, et un code génétique. Intrigant donc. Mais paradoxalement le sujet qui sera abordé ici nous apparaît tout de suite évident. Pour son premier long métrage, la réalisatrice Lucía Puenzo choisit l’ambitieux thème de l’hermaphrodisme ; et on se demande ce qu’elle réussira à en faire. Souvent évoquée, mais rarement présentée de manière aussi juste et directe, la recherche de l’identité sexuelle, des autres mais avant tout de soi-même insuffle à l’œuvre une profondeur d’âme et une sensibilité d’expression rares. Oui, car en effet XXY est un film qui énonce, mais qui ne dénonce pas, jouant sans cesse sur l’alternance d’instants forts et sans tabou et de moments délicats et pudiques.

Se présentant comme une réflexion sur la différence et le regard des autres, XXY ne cesse de jouer sur les parallèles et les oppositions qui existent entre le devenir de ces deux familles. Elle, Alex, jeune hermaphrodite et lui, Alvaro qui doute en raison de son homosexualité. Chacun d’eux cherche à couper les ponts avec l’enfance et à choisir ce qu’il doit devenir. Cette quête, ils l’effectuent ensemble, se complétant dans leurs différences et cherchant l’un dans l’autre à repousser ce choix inéluctable.

Les couleurs froides omniprésentes accentuant ce contraste entre amour et oppression du milieu, ces adultes qui semblent étrangers aux sentiments de leurs enfants, tout suscite émotion chez le spectateur et rend le sujet intemporel voire universel. Car en effet, au-delà de l’hermaphrodisme, XXY est le film de la recherche de ses sentiments et de son identité au moment de l’adolescence.

Investissement émotionnel dans les personnages donc, de la part des acteurs comme du spectateur. Servi par une brillante distribution, ce film à la fois fort, dur et touchant ne laisse pas indifférent. Performance magistrale donc pour la réalisatrice Lucía Puenzo comme pour son actrice Inés Efron, tellement juste dans ce rôle d’adolescente tourmentée.

Constance Déchelotte

Anatole Tomczak

La Toute Jeune Critique

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