
Ceci n’est pas un film sur le SIDA. Ceci est un film sur l’alternative qui nous est offerte lorsque l’on est diagnostiqué séropositive. On peut choisir d’attendre que la maladie nous consomme, ou bien on peut choisir de faire attendre la maladie encore un peu plus.
Thembi est une jeune femme sud-africaine morte en 2010 à l’âge de 26 ans. Elle est atteinte par la maladie à 16 ans. Le jour où elle apprend qu’elle est séropositive, elle décide – contrairement à la plupart des gens - de raconter son histoire, et surtout, de lutter contre la peur d’en parler. Le réalisateur Jo Menel la rencontre au début des années 2000, et ensemble ils décident de faire ce documentaire, tout en voyageant à travers plusieurs pays pour partager leur expérience et soutenir la lutte contre le SIDA.
Les premières images du film montrent une souriante Thembi. Elle nous parle avec assurance de sa vie, de son quartier. Dans la séquence suivante, on assiste à son enterrement. Paradoxalement, une musique très entrainante accompagne ses deux moments, ce qui transmet un fort sentiment de vie.
La compassion n’est pas bienvenue ici : le réalisateur souhaite illustrer la réaction de Thembi contre la maladie, mais en aucun cas ils cherchent à ce qu’on s’apitoie sur son sort. Le choix délibéré d’utiliser des dessins animés pour montrer les moments les plus durs de sa vie soutient cette volonté.
Mais à l’image d’une héroïne de dessin animé, l’importante couverture médiatique de son témoignage finit par la transformer en une sorte de pop star. Et tandis qu’elle prône les rapports protégés et la prise de médicaments contrôlée, elle arrête de prendre ses propres médicaments, et meurt. Pourquoi a-t-elle pris cette décision ? Comment peut-on réagir à cela ? Le film tente de trouver des réponses, sans succès hélas. Quoiqu’il en soit, ce film raconte l’histoire d’une femme courageuse et des choix de vie qu’elle défend.
Lydia Castellano