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Accueil du site > Review > The Mosquito Problem and Other Stories (23 mai 2007)
Review
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The Mosquito Problem and Other Stories de Andrey Paounov

Bulgarie  

Jeune cinéaste bulgare, Andrey Paounov semble avoir un faible pour les insectes. Autre péché mignon de l’intéressé : les histoires. Si Georgi et les papillons capturait les rêves fous du directeur d’un pavillon psychiatrique pour hommes, son deuxième documentaire, Le problème des moustiques et autres histoires, explore la tragi-comédie sanitaire de Béléné, bourgade de quelques 9.000 âmes bordant le Danube. En réalité, si les mosquitoes prolifèrent à l’écran – bien que sournoisement invisibles –, d’autres menaces y planent. Passées ou futures, totalitaires ou nucléaires, elles ont l’odeur de souffre et l’opacité de lourds nuages d’insecticide.

Comment considérer le problème des moustiques infestant Béléné et éventuellement, le ‘liquider’ ? Faussement anodine, telle est la question récurrente posée par Andrey Paounov à ses personnages. Tour à tour, face caméra, chacun ou presque y répondra, parfois armes – tapettes ou moins classiques aspirateur et fusil de chasse ( !) – en main. Des chasseurs de la taverne Punata aux pom-pom girls, de Boyko le photographe-historien de la ville, à Todor le pianiste-compositeur, en passant par l’unique rescapé cubain des ex-ouvriers communistes d’une centrale nucléaire à l’abandon : Fernando Diaz ou encore Ivan et Petar, les deux pêcheurs et compères ‘beckettiens’, chacun y va de son petit numéro ou anecdote.

Fédératrice, la question des moustiques n’est pourtant qu’un prétexte. Peu à peu, l’œil d’Andrey (mi-Wiseman, mi-Martin Parr) parvient en effet à glaner les ‘vrais’ problèmes de Béléné. Car si les « zanzare » sont un fléau réel, les traumatismes laissés par l’ère communiste se révèlent peu à peu la véritable gangrène locale, dont les non-dits sont des symptômes encore persistants. L’île de Persin en porte d’ailleurs toujours la cicatrice indéniable : l’ancien camp de concentration communiste. En opération de 1949 à 1959. Un trou noir en plein marécage. Si l’horreur a disparu, les vipères y sifflent encore. Décédé en octobre 2005, Julia Ruzhgeva y fut gardienne. Durant son procès pour meurtres avec préméditation, dont Andrey Paounov emprunte quelques minutes d’archives insoutenables, celle-ci nie, dit ne rien avoir fait. Ne pas se souvenir. En ouverture du Problème des moustiques… sa propre fille se recueillait sur la tombe d’une mère encore sans nom qui fut peut-être un « monstre ». A l’épilogue, ses pleurs s’effacent sous l’innocence des rires des enfants de Béléné. Le point final en pointillés d’un film bouleversant de beauté.

Emilie Padellec

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