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Accueil du site > In Focus > Souvenirs et Espoir : Les Guerres du Liban (20 mai 2008)
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Souvenirs et Espoir : Les Guerres du Liban

 
Waltz with Bashir

Le Liban a subit de longues périodes de conflit durant ces dernières décennies. Cette année à Cannes deux films parlent de ces guerres mais pas seulement. Ils abordent la question de la mémoire et de l’espoir à travers l’expérience humaine. Waltz with Bashir, un film d’animation entre le documentaire et l’auto-fiction, réalisé par Ari Folman et, Je Veux Voir, un autre documentaire de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, nous offre deux visions du conflit vécu dans la même région mais à des périodes différentes.

Dans Waltz with Bashir, Folman est hanté par une perte de mémoire qui remonte à 1982, pendant les massacres au sud Liban. La connaissance d’un ancien soldat israélien, le vécu d’un moment difficile en temps de guerre : ces souvenirs lui sont étrangers. Il commence alors à explorer son propre passé à travers une série d’interviews, qui dessine petit à petit le portait d’Ari et les expériences de ses amis. Waltz with Bashir, qui utilise l’animation traditionnelle comme outil narratif, est profondément provoquant - un voyage émouvant au cÅ“ur de la mémoire.

Je Veux Voir évoque un voyage à travers les ruines de Beyrouth après les lourds bombardements sur la ville en 2006. La réalisatrice libanaise Joana Hadjithomas et Khalil Joreige a travaillé avec Catherine Deneuve, qui a souhaité visiter le Liban pour voir l’après-conflit. Dans le film, Deneuve rencontre à Beyrouth un autre réalisateur libanais, Rabih Mroué. Leur périple, à travers l’exploration des souvenirs de l’histoire récente de la région, se transforme alors en procès. Filmé comme un reportage, montrant l’équipe même du film et des bâtiments détruits, Je Veux Voir implique le spectateur de telle sorte qu’il a l’impression de visionner les rushes de son propre passé.

Un réalisateur retrouvant son histoire personnelle grâce à ses anciens camarades dans Waltz with Bashir contraste avec la visite réaliste de la région où le réalisateur a subit la guerre, dans Je Veux Voir. Les anciens camarades comble les trous de mémoire du protagoniste à travers les souvenirs des autres, tandis que le second explore un lieu vide que seul la mémoire individuelle peut remplir – Les rues d’enfance de Rabih n’existent plus. Si la destruction de la guerre a érodé les paysages psychologiques des individus et leur environnement matériel, tôt ou tard le passé remontera à la surface.

Esra Demirkiran & Helena Mielonen

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