
Le premier long métrage de Bakur Bakuradze, présenté à la Quinzaine, est un drame mettant en scène un pickpocket solitaire nommé Lyosha Shultes. Il vit en Russie, dans une ville délabrée. Sa vie quotidienne est une lente répétition des mêmes faits : attendre un énième nouveau job, regarder la TV, fumer, faire son jogging… Il semble anesthésié, faisant le minimum syndical pour gagner sa vie.
C’est seulement à la fin du film qu’il nous est possible de découvrir les causes de ce comportement distant et solitaire. Un an auparavant, Lyosha et sa petite amie ont été victimes d’un accident de la route ; accident qui a coûté la vie à la jeune fille, et suite auquel Lyosha a souffert d’un traumatisme crânien, affectant sa mémoire. La mort récente de sa mère est un autre mauvais coup du sort – un événement qu’il s’efforce cette fois d’oublier.
Alors que le puzzle donnant sens à la personnalité et à l’histoire de Lyosha est imprécis et par endroits incomplet, sa détresse émotionnelle est rendue dans toute son intensité, et la cinématographie réussit à transmettre sa lutte intérieure dans toute sa profondeur.
Zsuzsanna Kirà ly