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Accueil du site > Review > Párpados Azules (22 mai 2007)
Review
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Párpados Azules de Ernesto Contreras

Mexique  

Quand Marina, vendeuse dans un magasin d’uniformes, gagne des vacances de luxe pour deux personnes lors de la tombola de l’entreprise, le destin semble lui faire signe, signe que le bonheur est à saisir. Elle se sent alors obliger de trouver un compagnon pour le voyage, la confrontant fatalement à la solitude de son existence. La rencontre inattendue avec Victor, perdu de vue depuis le collège, lui permet de résoudre ce problème. Tandis qu’ils se rapprochent petit à petit, le voyage va changer quelque peu le cours de leur destinée.

Sélectionné à la Semaine de la Critique, Párpados Azules est le premier film du réalisateur mexicain Ernesto Contreras, d’après un scénario de son frère Carlos Contreras. Le film est visuellement fascinant. Les images servent la narration et s’attachent aussi aux détails tels que le mouvement d’une main ou les saisissants contrastes de couleurs. Cette façon d’exprimer l’évolution de la relation entre Victor et Marina supplante le dialogue, banal et répétitif. Cette pauvreté verbale, en contredisant la richesse visuelle, créée un décalage lors des scènes d’intimité. La mise en scène subtile de cette relation se construit par les émotions suggérées plutôt que par une communication explicite. Le développement de leur affection mutuelle se construit alors à travers les regards des deux personnages.

Ce film est aussi un portrait touchant de la solitude. L’utilisation récurrente de plans serrés -cadrage par une porte ou une fenêtre- met à distance les personnages, renforçant le sentiment d’isolation. Le film décrit cette solitude à tous les niveaux. Tout au long du film, la chanson de Ray Davies Strange Effect instille une atmosphère de tristesse. Les évènements et les personnages sont montrés de façon éparse. La relation naissante entre Marina et Victor contrecarre cette solitude apportant une touche optimiste au film. En cela, Párpados Azules est une romance subtile mais conventionnelle.

Parfois la banalité des dialogues menace la belle énergie du film et la volonté du réalisateur de présenter d’une façon intéressante des personnages inanimés. Les scènes d’intimité contrastent un peu trop avec la réalité dépeinte de la solitude. L’intrigue semble alors décalée, à plusieurs niveaux. En dépit de la subtile et poignante représentation des relations humaines, il n’en reste pas moins que Párpados Azules est une douce réinterprétation de love story.

Camilla Buchanan

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