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Accueil du site > Review > La Soledad (25 mai 2007)
Review
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La Soledad de Jaime Rosales

Espagne  

Madrid, de nos jours, la vie de deux familles et de quelques amis qui, malgré leurs liens, restent dans l’isolement. Ils sont enfermés dans la dualité de la solitude, à la fois sentiment et état physique. Jaime Rosales exclue la musique de ce film où l’on ne perçoit que les bruits de la vie quotidienne et des paroles souvent ambiguës. Pas de mélo dans ce drame qui utilise deux histoires typiquement du genre afin de les réduire à un squelette d’évènements. Rien ne laisse envisager le désastre à venir. Chez Rosales, aucun symptôme n’est visible, seulement la maladie comme elle est.

L’utilisation singulière du procédé de l’écran splitté se révèle être un moyen d’exploration formelle de la solitude au-delà de la trame. Le montage perd sa fonction de mise en rapports des choses, entre les différents endroits, entre les êtres humains. A la place du montage, s’impose la simultanéité de deux espaces isolés. On peut deviner qu’ils sont proches mais ils ne sont mis en relation que pour les entrées et les sorties en hors champ des personnages. On sait qu’ils sont proches mais on ressent la distance infinie qui les éloigne. La solitude dans ce film n’est pas, comme au cinéma asiatique, la simple conséquence de l’incommunication. Ici les gens parlent beaucoup, mais en vain. La maladie est sans solution. Néanmoins c’est toujours mieux de la vivre accompagné.

Carlos Marques

Pierre Trouvé

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