
Rose bonbon des lèvres au scooter, la jeune amélie-poulanesque Virginie (Jeanne Cherhal) est la note acidulée du magasin de reprographie de son patron, le bien nommé mais taciturne M. Conforme (Serge Riaboukine).
Cet univers grisâtre devient, le temps d’un instant, celui du souvenir d’un amour évanoui : une femme dont la seule trace restante est une vieille photographie.
Oscillant entre la comédie musicale et le drame, Nicolas Engel habille son deuxième court-métrage d’un florilège de références assumées. On pense notamment à L’Amour en fuite de Truffaut, au penchant naturaliste de Jacques Demy, ou aux aspects ludiques de Rivette.
Toutefois, ces belles promesses sont un brin décevantes. On regrette le manque de cohérence esthétique et narrative, qui donne parfois l’impression d’assister à une juxtaposition de saynètes dissonantes. L’intrigue n’atteint jamais l’intensité dramatique escomptée (pourtant fortement soulignée par la direction artistique – mise en scène et bande son), et se perd malheureusement en afféteries.
Notons cependant l’exploitation poétique du cadre urbain (Angoulême ‘popartisée’…) et les quelques notes de fraîcheur atténuant le sentiment de confusion émanant du film.
Delphine Pinatel Ormsby