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Accueil du site > Interview-Portrait > Bilge Ceylan, Nuri (22 mai 2008)
Interview
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Nuri Bilge Ceylan Réalisateur de Three Monkeys

Turquie 

Le scénario de Three Monkeys est le fruit de votre collaboration avec votre femme Ebru Ceylan et Ercan Kesal, l’un des acteurs du film. Comment s’est passé cette phase d’écriture à trois ? Lorsqu’Ebru et moi avons entendu parler de l’histoire du sacrifice d’un père, nous avons voulu en faire un film. Ensemble nous avons développé cette histoire et l’idée a évolué. Lorsqu’Ercan s’est impliqué, nous avons modifié le scénario selon ses apports.

Le film traite d’une solidarité cachée et métaphorique entre les hommes – père et fils, employé et patron… Que diriez-vous des femmes ? La famille est isolée du reste du monde. Cette solidarité entre le père et le fils est vraie, bien que dans le film elle ne soit pas explicite car ils restent réservés l’un envers l’autre. Bien que nous n’ayons pas montré la femme avec ses amis, quelques informations les concernant sont distillées, pour qu’elle n’apparaisse pas seule. Nous n’avons pas créé délibérément ce type de personnage féminin. Dans certains cas, vos personnages sont davantage porteurs de sentiments ; tel est le rôle de cette femme.

Ce film parle-t-il de manque de communication ? Selon moi, le manque de communication est la fatalité de l’humanité. Beaucoup de personnes parlent à longueur de journée sans jamais exprimer de choses essentielles. Chacun d’entre nous est aussi dressé à se protéger, à cacher ses impuissances. Three Monkeys se concentre davantage sur la façon dont une personne va réagir face à des situations critiques, ou inattendues (ex : la réaction d’un homme apprenant l’infidélité de sa femme). Nous ne pourrons jamais prévoir le cours des choses et il y aura toujours des émotions étranges, complexes, incompréhensibles à l’interieur des hommes.

Distance, Les Climats et aujourd’hui Three Monkeys : des histoires urbaines. A quel point les villes, et particulièrement Istanbul, sont importantes dans vos films ? Je suis un homme pragmatique. Je fais des films selon les conditions extérieurs et les possibilités réelles. Le décor d’Istanbul n’est pas forcément l’idéal pour mes films.

Esra Demirkiran

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