La vie est un spectacle ! Voilà ce qu’apprendra le spectateur en regardant All that Jazz. Joe Gideon, un metteur en scène, doit créer une comédie musicale pour la produire à Broadway. Entre manque d’inspiration et peur d’échouer, il se plonge corps et âme dans le travail, négligeant ainsi tout le reste. Sa vie de famille est un échec, il trompe sa femme, il consacre peu de temps à sa fille et s’encombre de trop nombreuses maitresses. Mais cet homme qui semble bien loin du bonheur va enfin trouver du réconfort quand il apprend que la vie qu’il mène va finir par le tuer. L’excès de drogue et d’alcool va le conduire à converser avec la mort. C’est là qu’il dresse un portrait de son existence. Cette existence qui n’a été, en somme, qu’une grande scène.
Ce film, Palme d’or à Cannes en 1980, apparaît encore aujourd’hui comme une œuvre au centre des préoccupations intemporelles de l’homme. Si la peur de la mort est une donnée omniprésente dans l’œuvre de Bob Fosse, elle est à prendre avec un certain épicurisme. Ce qui compte, c’est en effet le moment présent et les bonheurs de la vie. Si le film évoque avec un certain humour que l’homme n’est pas Dieu et que de ce fait chacun mourra un jour, Bob Fosse rajoute que le deuil peut être vécu comme une grande fête permettant ainsi de célébrer la tombée de rideau ! Le réalisateur devait alors avoir conscience, en présentant son film en 1980, du caractère autobiographique que cette œuvre allait finalement revêtir. En effet, mort en 1987 d’épuisement au travail, cet illustre metteur en scène laisse derrière lui une riche filmographie comme un éternel héritage festif repris très récemment par Rob Marshall dans son excellent Chicago. « And the show must go on ! »
Alexis Cathala