
Ce court métrage dirigé par un jeune réalisateur nous offre une expérience poétique, une contemplation intense impliquant « un homme, une colline, une cabane ». Tel est le synopsis certes minimal, mais précis, du film.
Tourné dans la ville de Sapucai (Paraguay), le film est constitué d’une seule prise, fixe et continue, révélant davantage une atmosphère qu’une intrigue. Un décrochage efficace unifie dans le plan les quelques éléments et mouvements du film, et l’ambiance sonore (due principalement aux crickets) est complétée par une chanson de Daniela Jahari – unique élément de musique off. Les personnages sont réduits à leurs contours, des silhouettes vues à distance. Tous ces éléments donnent au film une tonalité documentaire.
En 12 minutes, Pablo Lamar donne vie à une sorte de peinture mouvante qui explore l’état d’esprit que l’on peut ressentir face au passage de la vie à la mort. Interviewé, il avoue ne pas vouloir livrer de réel message mais de proposer simplement une expérience visuelle.
Le film montre la beauté de l’obscurité, et donne au noir une qualité sensorielle fascinante. Ce plan fixe s’attarde sur un horizon, dont on ne peut se soustraire avant l’obscurcissement final.
Le titre original est en Guarani, la seconde langue en usage au Paraguay. Le réalisateur est né à Asunción en 1984, et étudie à présent à l’Université de Cinéma de Buenos Aires. Il s’agit de son premier court, et heureux hasard, du seul film paraguayen présenté cette année à Cannes. Au nom de notre magazine promouvant le jeune cinéma, nous lui souhaitons bonne chance.
Silvia Taborelli